La taille des caractères : entre accessibilité et hiérarchisation
Des enjeux d’accessibilité confirmés par la recherche
Définir la bonne taille typographique, c’est d’abord garantir l’accessibilité. Selon les recommandations du World Wide Web Consortium (W3C) sur l’accessibilité numérique, une taille de police minimale de 16 px (soit environ 12 pt en print) est désormais considérée comme un standard pour le corps de texte courant, alors que de nombreux supports utilisent encore du 10 pt, voire moins, par souci d’esthétique ou d’économie d’espace.
Or, plusieurs études montrent que des caractères trop petits augmentent considérablement le taux d’abandon de lecture, surtout chez les publics seniors ou les personnes avec troubles visuels (American Optometric Association). Plus frappant encore : une enquête du Bureau of Labor Statistics aux États-Unis révèle que la taille du texte est le critère n°1 de lisibilité cité en entreprise, devant le choix de la police elle-même.
- Affiches événementielles : Recommandé : au moins 24 pt à 36 pt pour les informations majeures.
- Brochures, flyers : Minimum 10 à 12 pt pour le corps de texte, titres à 16+ pt.
- Sites web : 16 px voire 18 px pour lecture sur écran (source : Smashing Magazine).
La hiérarchisation de l’information par la taille
L’importance relative accordée aux différents types d’informations passe également par la hiérarchie typographique – et la taille en est l’outil fondamental. Selon Nielsen Norman Group, une différence de taille d’au moins 20% entre un titre et un corps de texte est nécessaire pour que l’œil distingue naturellement les niveaux d’information sans effort (source).
La tentation de réduire toutes les tailles pour gagner de l’espace est une erreur fréquente. Des tests en conditions réelles montrent que l’augmentation de la taille du texte peut améliorer la vitesse de lecture de 18 à 20% sans augmentation notable de la taille globale du support (Reading in the Web Era, Rello & Baeza-Yates, ACM Transactions).