Comment sécuriser l’utilisation des symboles culturels : bonnes pratiques
1. Faire un travail d’enquête approfondi
Lorsqu’on souhaite intégrer un symbole, il ne suffit pas de se référer à Wikipédia ou à une banque d’images. Il s’agit d’enquêter sur ses origines, ses évolutions de sens, ses usages réservés.
- Consultez des sources universitaires (livres spécialisés, revues culturelles, bases de données muséales tel que le Metropolitan Museum of Art).
- Analysez le traitement actuel de ce symbole dans les actualités et campagnes récentes (Ethical Marketing News, The Guardian).
Exemple : Avant d’intégrer un éléphant stylisé dans une identité visuelle liée à l’Inde, mieux vaut savoir que cet animal a une portée religieuse dans l’hindouisme, mais également politique dans d’autres contextes.
2. Travailler en co-création ou sous validation communautaire
Impliquer des représentants de la culture d’origine dans la conception est l’approche la plus sûre. L’agence Ogilvy, pour la campagne Ben & Jerry’s Save Our Swirled, a ainsi collaboré avec des représentants des peuples inuit pour utiliser certains signes graphiques, ce qui leur a valu une réception positive et a évité la polémique.
- Sollicitez des avis d’experts culturels, d’artistes issus de la communauté, voire des panels utilisateurs concernés.
- Initiez un dialogue dès la phase de conception, pas uniquement lors des validations finales.
3. Contextualiser systématiquement le symbole
Tout symbole repris, même avec de bonnes intentions, doit être accompagné d’une explication claire. Cela évite l’effet d’exotisation ou d’incompréhension.
- Privilégiez les supports où un texte permet d’éclairer le visuel (ex : réseau social, site, affiche avec légende).
- Si possible, liez le symbole à une action concrète (projet de soutien, campagne de sensibilisation, etc.), afin d’associer le graphique à un message responsable.
4. Rester à l’écoute des retours et prêt à réagir
La viralité des réseaux impose une veille constante sur l’utilisation de symboles culturels. Le cas le plus emblématique reste celui de Dolce & Gabbana, dont une publicité stéréotypée en Chine a entraîné un boycott massif en 2018 (source : BBC News). Réagir vite, reconnaître l’erreur, ajuster la campagne sont devenus des impératifs.
- Installez des outils de veille sur les mentions de vos campagnes (Google Alerts, Brandwatch).
- Prévoyez une procédure de gestion de crise en cas de bad buzz.