Couleurs et digital : la mondialisation accélère les mutations
L’émergence du digital bouleverse la donne. Sur le web et les réseaux sociaux, la visibilité colorielle dépend aussi des écrans et des contextes d’utilisation (mode sombre, sur-sollicitations visuelles, fatigue oculaire). 93 % des consommateurs estiment que le visuel est l’élément déterminant dans l’acte d’achat en ligne, rapportent Adobe et Econsultancy dans leur étude annuelle Digital Trends 2023.
La compétition accrue pour capter l’attention sur des plateformes globales pousse les marques à rechercher l’originalité — parfois à rebours des codes traditionnels — tout en tenant compte du fait que les utilisations de certaines couleurs peuvent créer des ruptures de perception fortes entre l’Occident et l’Asie, ou entre la jeunesse urbaine et les milieux plus conservateurs.
- Le filtre Instagram “1977” a imposé une vague de violets et d’orangés, modifiant l’image de marque spontanée de nombreuses entreprises sans passage par les circuits traditionnels de validation.
- Le changement d’identité visuelle de Slack, en 2019, avec l’abandon du “hashtag” multicolore jugé trop complexe, montre le soin accordé à la simplification visuelle pour l’universalité du digital.
L’automatisation et l’intelligence artificielle promettent, demain, d’aller plus loin encore dans la personnalisation des couleurs par algorithmes, façonnant pour chaque utilisateur une expérience chromatique unique.